Feuille de personnage · Cinquième édition Les Chroniques de Barnabé

Portrait de Lavio Saja

Clé d'enquête Cultures, rituels, tabous, savoirs anciens.

Lavio Saja

  • Faunari
  • Village faunari, Sylvestone

L'érudit qui a fui les tabous de son village pour comprendre le monde.

Histoire

Les villages faunaris de Sylvestone vivent repliés, régis par des lois strictes et des tabous qui ne se discutent pas. On y vénère la forêt, on s'y méfie de tout ce qui vient du dehors, et l'on n'y pose pas certaines questions — non parce que les réponses seraient dangereuses, mais parce que la question elle-même est une faute.

Lavio a passé son enfance à les poser quand même. Il a appris les lettres d'un colporteur de passage, en cachette. Il a recopié ce que les anciens récitaient, comparé les versions, relevé celles qui ne concordaient pas. À dix-sept ans, il tenait la chronique de son village sur trois générations, dans une caisse enterrée sous une souche.

C'est cette caisse qu'on a trouvée. Le conseil ne l'a pas chassé : on lui a offert de renoncer et de rester. Il a demandé une nuit. Il est parti avant l'aube, avec la caisse sur le dos.

Depuis, il marche. Il a lu tout ce qu'il a pu à Beldhadria, recopié les inscriptions du col d'Ur'Ghorv, passé un hiver dans la forêt de Verre-Nuit à cataloguer des champignons que personne n'avait nommés. Il est arrivé à Briseval parce que tout le monde y transite et que Barnabé laisse les gens parler.

Il ne dit jamais qu'il a renié son village. Il dit qu'il essaie de le comprendre de l'extérieur. Personne n'est obligé de le croire.

Caractère

Patient au point que ça agace. Il pose la même question trois fois de trois manières différentes, et la troisième est toujours la bonne.

Courtois, méthodique, mauvais menteur — pas par vertu, par manque d'entraînement. Sur un fait, en revanche, il ne cède pas : on peut le bousculer ou l'ignorer, il redira calmement ce qu'il a lu.

Et puis il y a l'angle mort. Lavio a fui les préjugés de son village et en a gardé un, entier : il méprise les gobelins. Il ne s'en cache pas, il ne s'en excuse pas, et il n'a jamais accepté qu'on lui fasse remarquer la contradiction.

Rôle en jeu

Celui qui reconnaît le rite, identifie le symbole sur la porte, et sait pourquoi personne du village n'accepte d'aller de ce côté-là de la rivière. Là où les autres voient une coutume absurde, il voit une règle — et une règle a toujours une raison.

En combat, il vaut mieux le garder derrière. Ce n'est pas un lâche : il est parfaitement conscient de ce qu'un coup d'épée fait à quelqu'un de sa carrure.

Accroches personnelles

  • Une affaire touche à un tabou faunari. Il est le seul à savoir lequel, et le seul à qui ça coûte quelque chose de le dire.
  • Une lettre arrive enfin de son village. Elle ne dit pas ce qu'il espérait.
  • Quelqu'un vend des pages arrachées à un carnet qu'il reconnaîtrait entre mille.